Expérience de Milgram, un résultat troublant

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En 1961, le psychologue de l’Université de Yale, Stanley Milgram, a mené une expérience controversée pour étudier l’obéissance aux figures d’autorité. L’expérience consistait à convaincre les participants qu’ils administraient des décharges électriques à une autre personne, alors qu’en réalité les décharges étaient fausses.

Les résultats ont montré que la plupart des participants étaient disposés à délivrer les chocs, même lorsque l’autre personne demandait grâce. L’expérience a fait sensation à l’époque et continue d’être débattue par les psychologues et les éthiciens aujourd’hui. Les critiques soutiennent que l’expérience était contraire à l’éthique, tandis que les partisans soutiennent qu’il s’agissait d’une contribution importante à notre compréhension du comportement humain. En tout cas, l’expérience de Milgram reste l’une des expériences les plus notoires en psychologie.

 

 

Comment se déroule l’expérience de Milgram ?

 

Pour commencer, l’équipe du professeur Milgram a publié une annonce dans un journal local afin de recruter des sujets pour une expérience d’apprentissage entre 1960 et 1963.

La participation durait une heure et était rémunérée 4 dollars plus 50 cents pour les frais de déplacement, ce qui était une bonne somme à l’époque étant donné que le revenu mensuel moyen en 1960 était d’environ 100 dollars.

L’expérience était présentée comme une étude scientifique de l’efficacité de la punition sur la mémorisation.

La majorité des variations de l’expérience ont lieu à l’Université de Yale (New Haven, Connecticut). Les participants sont des hommes et des femmes âgés de 20 à 50 ans, issus de tous les milieux et ayant des niveaux d’éducation différents

L’expérience telle qu’elle est présentée met en scène trois personnages : un étudiant (apprenant), qui s’efforce de mémoriser des listes de mots et reçoit une décharge électrique s’il se trompe ; un professeur, qui dicte les mots à l’étudiant et vérifie les réponses.

En cas d’erreur, il envoie un choc électrique pour faire souffrir l’élève ; un expérimentateur, qui représente l’autorité officielle, vêtu d’une blouse grise de technicien, et sûr de lui.

L’expérimentateur et l’élève sont deux acteurs.

Le professeur reçoit un léger choc électrique de 45 volts pour lui montrer le type de douleur que l’élève peut recevoir, et pour renforcer sa confiance dans la véracité de l’expérience. Un tirage au sort truqué est effectué qui désigne le professeur comme étant toujours choqué.

L’élève est placé dans une pièce séparée par une fine cloison et attaché à une chaise (apparemment) électrique. Le professeur-cobaye est assis devant un bureau avec une rangée de manettes et a pour instruction de faire mémoriser à l’élève des listes de mots.

À chaque erreur, le professeur est invité à actionner un levier qui, selon lui, envoie à l’apprenant une décharge électrique de tension croissante (15 volts supplémentaires à chaque décharge, selon ce qui est écrit sur le bureau).

Le sujet est prié d’énoncer la tension correspondante avant de l’appliquer. Bien entendu, les chocs électriques sont fictifs.

Les réactions aux chocs électriques sont simulées par l’apprenant.

L’acteur qui simule la souffrance a reçu des instructions sur la manière de réagir à différents voltages, allant du gémissement à 75 volts, à la supplication d’être libéré à 150 volts, et enfin à l’annonce qu’il ne répondra plus au-delà de 300 volts.

Si un sujet hésite, l’expérimentateur a pour instruction de lui demander d’agir.

  1. « Veuillez continuer s’il vous plaît » ;
  2. « L’expérience exige que vous continuiez » ;
  3. « Il est absolument indispensable que vous continuiez » ;
  4. « Vous n’avez pas le choix, vous devez continuer ».

Si le sujet souhaite toujours s’arrêter après quatre interventions, l’expérience est interrompue, sinon, l’expérience se termine lorsque le sujet a administré trois chocs maximums (450 volts) à l’aide des leviers marqués de trois « X » situés après le levier « Attention, choc dangereux ».

A la fin de chaque expérience, un questionnaire et un entretien avec le cobaye jouant le rôle de l’enseignant sont réalisés afin de recueillir ses sentiments et d’écouter les explications de son comportement.

L’entretien a également pour but de le réconforter en lui révélant qu’aucun choc électrique n’a été réellement appliqué, de le réconcilier avec l’apprenant, et de lui dire que son comportement n’est pas sadique et normal.

Un an plus tard, le cobaye reçoit un questionnaire final sur ses sentiments à l’égard de l’expérience ainsi qu’un compte rendu détaillé des résultats de l’étude.

 

 

Quel est le résultat de l’expérience de Milgram ?

 

Dans la première expérience de Stanley Milgram, 62,5% des sujets ont réalisé l’expérience avec les fameux 450 volts d’électrochocs à trois reprises.

Tous les participants ont accepté le principe annoncé et ont atteint les 135 volts revendiqués.

La moyenne des chocs maximums (niveaux auxquels les sujets se sont arrêtés) était de 360 volts. Cependant, chaque participant s’est interrompu pour interroger l’examinateur à un moment ou à un autre lors des phases finales.

Beaucoup ont montré des signes évidents d’extrême nervosité et de réticence lors de ces phases finales (protestations verbales, rires nerveux, etc.).

 

 

Quelle conclusion peut-on tirer de l’expérience de Milgram ?

 

L’obéissance à une autorité est l’un des fondements de la société.

Stanley Milgram ne considère pas l’obéissance comme un mal, mais l’obéissance aveugle peut être dangereuse.

L’une des forces motrices de l’obéissance est la conformité. Lorsque les individus obéissent à une autorité, ils ont conscience de satisfaire les désirs de cette autorité. Avec le conformisme, les individus sont convaincus que leurs motivations sont les leurs et qu’ils n’imitent pas le comportement du groupe.

Le conformisme a été mis en évidence par Solomon Asch dans son expérience menée dans les années 1950, qui a montré que si la désobéissance d’un groupe est assurée, alors la plupart des membres doivent adhérer aux objectifs fixés par les autorités.

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